Nivier

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mercredi 12 mars 2008

Première Auberge

« Qu’est-ce qu’y va nous prendre ? Une de là, ou une du frigo ? ».

Pourtant on m’avait mis en garde. J’avais profité d’un ravitaillement pour m’y rendre. Depuis une semaine que durait la tempête, on ne la voyait qu’au coucher du soleil, quand les traits de lumière taillaient sa silhouette de roches à peine colorée dans la crête des vagues. Pour m’empêcher de quitter la terre, on m’avait emmené tout en haut de la tour de garde qui servait de phare à l’époque. Je remarquais que la lentille tournait même en plein jour. De plus mes logeurs m’avaient exhorté à ne pas partir. Le capitaine hésitait lui aussi à sortir de la grande rade. Preuve supplémentaire, les remorqueurs d’habitude abrités dans la crique, avaient reçu l’ordre de rester bien abrités.

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I do not give a Shit

« À partir de maintenant tu ne racontes plus rien au passé. La concordance de temps, toutes ces règles, ça me gonfle. Au présent, bordel ! Tu vis aujourd’hui, pas hier ! Tu sais dans nos métiers, c’est maintenant ! » « Tu commentes, tu interviewes, tu questionnes, tu déranges. »

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Le Bruit des Étoiles

Son père a fait la guerre d’Algérie.
Le sien à elle n’a rien réussi à faire, à part se barrer.
Ils se  rencontrent le jour de seize ans à elle. Dans un commissariat.
Le soldat les a une fois de trop frappé tous les deux, lui et sa mère. Ils ont attendu l’oreille collée contre la porte. Ils ont attendu que ses pas ne résonnent plus dans le couloir. Non content de tabasser sa femme, après il sort, sans oublier de prendre sa barre de fer et cogner. La guerre l’a juste transformé en pauvre merde. Il ne lui dira jamais dans quel état ça vous met de ramasser les cadavres après les tortures. De les empiler à deux ou trois sur une charrette, avec le soleil, l’odeur des macchabées, ne pas remettre un bras et de le laisser cogner contre les rayons de la roue.

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"Champs"

Je n’avais jamais connu une bande de petits cons pareils ! J’ai fréquenté pas mal d’endroits remplis de ce genre d’individus, mais eux je te dis, jamais rien vu de pareil. Mais bon ce n’est pas le sujet.
Je les avais entendus avant de les voir. A cette époque, je commençais un peu à me faire un  nom dans le milieu. C’était à Londres, un peu avant noël, je revenais du studio et voulais voir dans la vitrine d’un magasin un modèle dont un musicien m’avait parlé.

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mardi 11 mars 2008

Sans titre

    J’ai habité pendant longtemps auprès d’un immeuble dont l’entrée puait la pisse. Rue de la Goutte d’Or, à côté du Franprix. Quand on venait à la maison on passait devant alors forcément, il y avait des chances que tu renifles un peu. De toute façon t’avais pas le choix, les voitures sur le trottoir t’obligeaient à passer par-là. L’entrée de la cité était plus loin dans le renfoncement à côté de celle du parking.

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