Nivier

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 15 février 2010

Le « Soir de Paris »

            Encore une fois, mon oncle et tuteur m’obligerait à me rendre à cette soirée. Je ne me lasserai jamais de lui exprimer à quel point je déteste les grands bals donnés par les nôtres.

Lire la suite...

mercredi 4 novembre 2009

…par l’argent lumineux des averses d’été.[1]

            Nous avons tant souffert.

            L’ivresse, mais sans l’alcool.

            Nous sortons et je te porte dans mes bras. Une de tes mains sur ma nuque pour oublier la douleur.

            L’orage au loin une promesse.

            Le vent dans notre dos fait passer tes cheveux devant mes yeux. Tu les remets derrière tes oreilles, mais ils ne veulent rien savoir.

            Je ne sais pas non plus pourquoi tu tiens à porter ce vieux chapeau de paille. Par contre cette robe en coton…

Lire la suite...

lundi 27 juillet 2009

...

Il faisait tellement chaud que lorsqu’on parlait, les mots tombaient sur le sol comme du plomb.

            Imaginez un peu :

            - Bon…

            - Com.. ç… v… ?

Lire la suite...

vendredi 19 décembre 2008

Avec un Crayon Rouge

Il attend dans le hall de la gare. Se penche en avant, pose les bras sur ses genoux. Prend son chapeau, en fait tourner le bord avec le bout de ses doigts. Le vacarme du grand hall ne l’impressionne pas. Lui-même était arrivé ici, il y a mois. Il avait juste eu le temps de remettre son commerce en place. Et ce coup de fil.

            « Il va revenir le 15, je ne peux pas vous dire à quelle heure. Je vous tiendrai au courant dans les prochains jours ».

            Depuis, il avait toujours gardé le téléphone à portée.

            Le 15, c’est aujourd’hui. Des tas d’autres types descendent sur le quai. Des familles se retrouvent. D’autres doivent patienter, et quelques-unes repartent en pleurant.

            Il n’en peut déjà plus de relire son journal. Il est là depuis l’ouverture de la gare. Jamais depuis son retour il ne s’était levé aussi tôt. Même pour ouvrir le café.

            Les mégots s’agglutinent à ses pieds. Il les aligne avec le bout de ses chaussures.

Lire la suite...

jeudi 23 octobre 2008

Des Petits Morceaux de Charlotte

Je reviens de chez Elisa.

            J’ai rendez-vous avec un mannequin dans un grand hôtel, mais je dois retourner à la maison prendre de la pellicule et d’autres objectifs. Il est tout juste neuf heures.

La voiture brûlée devant chez elle n’a toujours pas été enlevée. Depuis trois semaines. Ça me rappelle le soir où les C.R.S. en ont profité pour vidanger les toilettes de leurs bus dans le caniveau. Ils n’auraient pas pu le faire dans un autre arrondissement. Le quartier aura tout vu, de la misère à cette humiliation supplémentaire.

Lire la suite...

vendredi 10 octobre 2008

Les Briques (Et Nous)

Après, nous étions quelques milliards.

            Nous devons tout reconstruire.

            Nous sommes là, formons une file vers cette usine.

            De l’autre côté du terrain vague, la ville. Les immeubles encerclés d’échafaudages et de grues. Les ouvriers ne peuvent pas attendre. Nous sommes la matière première.

Lire la suite...

mercredi 10 septembre 2008

J’ai rêvé d’Elisa

J’avais promis de vous parler d’Elisa, de notre rencontre.

Le lieu, le temps, ce pourquoi nous avions rendez-vous, aucun de ces éléments n’aurait du jouer en notre faveur. Pour le moment l’essentiel n’est pas là.

            Il faut que je vous dise, je rêve beaucoup.

Lire la suite...

mercredi 3 septembre 2008

Juliette do not give a Shit

« Beuaaaarkkkk ! Beurp ! Beuaaaarkkkk !!! »

            J’ai les mains en coupelle, pour récupérer au cas où le vomi de Juliette.

            Nous sommes chez elle. Le chauffeur du taxi a eu raison de s’inquiéter pour ses sièges, mais nous savons nous tenir.

            Juliette régurgite son trop plein d’alcool.

            Je suis avec elle, dans ses toilettes. Je maintiens ses cheveux sur sa nuque.

            Je ne comprends cet attrait de certains garçons pour les toilettes des filles.

            Ce que j’y vois ne fait pas envie.

            Juliette tire au cœur, mais rien ne vient.

            On croirait son estomac arrivé à la place de sa gorge.

Lire la suite...

vendredi 29 août 2008

Ma Belle

Nous retournons vers cette plage de nos premières amours. Les filles ne sont pas avec nous. Aujourd’hui c’est la tempête ; dangereux d’aller se promener sur la digue.

            Je ne veux pas sortir de la voiture. Et même s’il s’est arrêté de pleuvoir, j’ai peur de ce vent. Pour preuve, les énormes rouleaux viennent se casser sur la plage. Je ne crois pas que nous en ayons vu de tels ici.

Lire la suite...

vendredi 30 mai 2008

Deux Couleurs de l’arc-en-ciel + deux Grammes de Nuages = n’importe quoi

C’est elle qui conduit.

            J’ai incliné le siège passager, et posé les pieds sur le tableau de bord devant moi. Le C.D. termine son troisième tour dans l’auto radio. Nos vitres entrouvertes laissent passer un léger courant d’air. j’ai déboîté le cendrier. Je fais attention à ne pas me mettre de cendre sur le ventre. On préfère les voitures sans clim, ça consomme moins. En plus, on en a marre de choper la crève à chaque fois qu’on descend.

            Après ce dernier barrage on en a pour des heures. On s’arrête juste pour transvaser le gasoil des jerricans dans le réservoir. Là-dessus au moins, les militaires n’ont pas été radins. Ils avaient préféré qu’on y aille nous-mêmes. C’est toujours plus facile d’envoyer les autres faire le ménage.

Lire la suite...

mardi 13 mai 2008

We Ain't Got No Money, Honey, But We Got Rain

(Titre d’un poème de Charles Bukowski)

Jeudi. Ou vendredi. On s’en fou. Il est neuf heures et demie. Ça, je le sais. C’est marqué sur le panneau d’affichage de le ligne 2. Je les connais ces panneaux, j’ai installé les premiers. On faisait ça la nuit. Sitôt le dernier métro passé, on s’y mettait. Un petit coup de jaja et on en prenait jusqu’à cinq heures. Alors pensez que ces foutus panneaux, je peux vous dire le nombre de vis et de fils dans chaque. Sur la ligne 2, je suis chez moi.

Ce matin en descendant les marches à Nation, j’ai trouvé un vieux sifflet en plastoque. Je m’assois et laisse passer assez de trains pour finir ma bouteille de Knockando. Je suis tellement entamé que je n’arrive plus à souffler dans le biniou.

Lire la suite...

mercredi 12 mars 2008

Première Auberge

« Qu’est-ce qu’y va nous prendre ? Une de là, ou une du frigo ? ».

Pourtant on m’avait mis en garde. J’avais profité d’un ravitaillement pour m’y rendre. Depuis une semaine que durait la tempête, on ne la voyait qu’au coucher du soleil, quand les traits de lumière taillaient sa silhouette de roches à peine colorée dans la crête des vagues. Pour m’empêcher de quitter la terre, on m’avait emmené tout en haut de la tour de garde qui servait de phare à l’époque. Je remarquais que la lentille tournait même en plein jour. De plus mes logeurs m’avaient exhorté à ne pas partir. Le capitaine hésitait lui aussi à sortir de la grande rade. Preuve supplémentaire, les remorqueurs d’habitude abrités dans la crique, avaient reçu l’ordre de rester bien abrités.

Lire la suite...

I do not give a Shit

« À partir de maintenant tu ne racontes plus rien au passé. La concordance de temps, toutes ces règles, ça me gonfle. Au présent, bordel ! Tu vis aujourd’hui, pas hier ! Tu sais dans nos métiers, c’est maintenant ! » « Tu commentes, tu interviewes, tu questionnes, tu déranges. »

Lire la suite...

Le Bruit des Étoiles

Son père a fait la guerre d’Algérie.
Le sien à elle n’a rien réussi à faire, à part se barrer.
Ils se  rencontrent le jour de seize ans à elle. Dans un commissariat.
Le soldat les a une fois de trop frappé tous les deux, lui et sa mère. Ils ont attendu l’oreille collée contre la porte. Ils ont attendu que ses pas ne résonnent plus dans le couloir. Non content de tabasser sa femme, après il sort, sans oublier de prendre sa barre de fer et cogner. La guerre l’a juste transformé en pauvre merde. Il ne lui dira jamais dans quel état ça vous met de ramasser les cadavres après les tortures. De les empiler à deux ou trois sur une charrette, avec le soleil, l’odeur des macchabées, ne pas remettre un bras et de le laisser cogner contre les rayons de la roue.

Lire la suite...

"Champs"

Je n’avais jamais connu une bande de petits cons pareils ! J’ai fréquenté pas mal d’endroits remplis de ce genre d’individus, mais eux je te dis, jamais rien vu de pareil. Mais bon ce n’est pas le sujet.
Je les avais entendus avant de les voir. A cette époque, je commençais un peu à me faire un  nom dans le milieu. C’était à Londres, un peu avant noël, je revenais du studio et voulais voir dans la vitrine d’un magasin un modèle dont un musicien m’avait parlé.

Lire la suite...

mardi 11 mars 2008

Sans titre

    J’ai habité pendant longtemps auprès d’un immeuble dont l’entrée puait la pisse. Rue de la Goutte d’Or, à côté du Franprix. Quand on venait à la maison on passait devant alors forcément, il y avait des chances que tu renifles un peu. De toute façon t’avais pas le choix, les voitures sur le trottoir t’obligeaient à passer par-là. L’entrée de la cité était plus loin dans le renfoncement à côté de celle du parking.

Lire la suite...